Risques CO₂ en vinification : comprendre, prévenir et s’équiper

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La vinification expose les professionnels à des risques majeurs liés aux gaz, en particulier le dioxyde de carbone (CO₂) et le dioxyde de soufre (SO₂). Invisibles et souvent sous-estimés, ces gaz peuvent provoquer des intoxications graves, voire mortelles, notamment lors des interventions en cuves ou en espaces confinés. 
L’objectif de cet article est de détailler les mesures concrètes de prévention à mettre en place, avec un focus sur les solutions de détection du CO₂, de ventilation et de protection respiratoire.

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Comprendre les risques gaz en vinification

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Lors de la fermentation alcoolique, un litre de moût peut générer jusqu'à 44 litres de CO₂. Ce gaz, plus lourd que l’air, a tendance à stagner dans les zones basses des chais, cuves, caves ou fosses. Dans les installations modernes, souvent très hermétiques, la ventilation naturelle ne suffit pas à évacuer le gaz. L’accumulation peut rapidement conduire à une atmosphère irrespirable. Les accidents mortels recensés impliquent souvent deux victimes : l’opérateur initial, et la personne venue secourir sans équipement.


Outre le CO₂, le SO₂ utilisé lors du sulfitage est un gaz corrosif, très irritant pour les voies respiratoires. Une exposition peut provoquer toux, gênes respiratoires, voire des crises d’asthme. Enfin, les vapeurs d’éthanol émises pendant la fermentation sont inflammables, et constituent un risque d’explosion en atmosphère confinée.
Utilisé pour limiter l’oxydation du vin, l’azote peut représenter un risque d’anoxie dans les locaux où sont installés leurs générateurs. Cela aussi dans les cuviers, le réseau d’azote y étant déployé.

Les principes de prévention à mettre en place

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Viticulture

En l’absence de recommandations officielles émanant de la MSA sur le risque CO₂, il est nécessaire de se référer aux prescriptions de l’INRS. 

La recommandation R447 encadre la gestion des espaces confinés, en imposant une analyse préalable, une ventilation adaptée, des EPI conformes et un plan de secours
Quant à la R433, elle cible spécifiquement les cuves et insiste sur l’obligation d’analyser l’atmosphère avant toute entrée, de ventiler la cuve et d’adapter les équipements en fonction du niveau de risque.
Les interventions et sensibilisations menées avec la MSA, les SDIS et les organismes de formation reposent sur quatre axes

  • La première étape est l’évaluation des risques, à chaque phase de travail : fermentation, nettoyage, décuvage ou sulfitage. 
     
  • Des mesures techniques sont mises en place : captation du CO2 à la source, détection de gaz en poste fixée asservie à une ventilation mécanique, détection gaz systématique et équipements respiratoires conformes.
     
  • Sur le plan organisationnel, le travail en binôme est obligatoire, les consignes doivent être connues et un plan de secours doivent être élaborés. 
     
  • Enfin, l’organisation des secours impose la présence de dispositifs d’alerte et d’intervention rapide (harnais, trépied, appareil respiratoire d’évacuation), avec un personnel formé.

Les équipements essentiels pour limiter le risque CO2 en vinification

La détection de gaz

Le seul moyen fiable de détecter le CO₂ est l’utilisation de capteurs gaz, la méthode de la bougie étant totalement inefficace et interdite. Les détecteurs monogaz, comme le BW Solo ou le GASMAN CO₂ sont conçus pour les zones hors espace confiné. Compact et autonome, il doit être testé quotidiennement.
Pour toute intervention en cuve, seul le détecteur multigaz est obligatoire conformément à la R447. Il permet une lecture simultanée du CO₂, O₂, H₂S et des vapeurs inflammables. Les modèles tels que le BW FLEX et le XAM 5600/5800 à cellule infrarouge offrent précision, durée de vie et réduction des faux positifs. 

En chai, il est recommandé d’utiliser une centrale d’alarme, capable d’enregistrer et de restituer les mesures Gaz, notamment de CO₂. Celles-ci sont de plus en plus demandées lors de contrôles ponctuels réalisés par l’inspection du travail.

 

La ventilation, le principe vital

La ventilation naturelle est souvent insuffisante. Pour garantir un renouvellement efficace de l’air, seule la ventilation mécanique est recommandée. Dans le cas des cuves, on préconise la ventilation mécanique avec si possible deux ouvertures.
Le but étant de renouveler l’air dans la cuve.
L’usage d’un ventilateur portable de type WP013 ainsi que des gaines associées permet un dégazage efficace, avant et pendant l’intervention. La ventilation doit être validée par une mesure atmosphérique avant l’accès à la cuve.

 

La protection respiratoire, ultime rempart contre le gaz

Les appareils d’évacuation type Saver CF ou BioScape sont adaptés aux situations d’urgence. Ils offrent une autonomie de plusieurs minutes, suffisante pour quitter une zone dangereuse. Pour des interventions prolongées, les masques à adduction d’air sont recommandés tels que le DUCT ECO A. Ils fournissent de l’air propre depuis une source externe. L’accès aux cuves impose en plus des harnais, trépieds ou lignes de vie, afin de faciliter un retrait rapide en cas de malaise.

S’organiser pour la sécurité durant la vinification

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Vinification

Avant toute intervention, le taux de CO₂ doit être mesuré. La cuve doit être ventilée vingt minutes avant l’intervention et doit s’effectuer à deux, à minima (un surveillant et un intervenant), avec une communication constante
La personne à l’extérieur reste équipée et vigilante
En chai, un détecteur portatif reste utile, complété par une ventilation régulière.
La gestion des secours repose sur un plan d’intervention connu, un matériel fonctionnel et des équipes formées aux gestes qui sauvent.

Le suivi et la maintenance des équipements

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EPI

La fiabilité du matériel repose sur sa maintenance. L’étalonnage est à effectuer selon les préconisations des fabricants, tous les six mois habituellement.
Les EPI doivent être inspectés, les filtres changés, les batteries chargées. Tous ces contrôles doivent être référencés.
En tant que centre de maintenance agréé, EPITECH3 vous accompagne dans ces opérations ! 

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Se former et maintenir la vigilance

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CO2

Le risque CO₂ en vinification est silencieux, mais bien réel. Il appelle à une vigilance permanente, des procédures rigoureuses et des équipements professionnels.
Chaque opérateur doit être formé au risque gaz, aux gestes d’urgence et à l’utilisation des équipements. 
Les erreurs à éviter doivent être connues : entrer sans test de gaz, utiliser une bougie, intervenir seul. 

BE ATEX accompagne les caves et chais dans l’analyse des risques et la fourniture des équipements adaptés. 
EPITECH3 assure l’entretien préventif et curatif de vos équipements sur site ou dans votre atelier. 
FPS vous accompagne dans la formation et la prévention pour sensibiliser aux bonnes pratiques de sécurité au travail. 

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