La prévention des risques professionnels dans les secteurs logistiques et portuaires.

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En France métropolitaine, on compte 7 grands ports maritimes : Marseille-Fos, Le Havre, Dunkerque, Nantes Saint-Nazaire, Bordeaux, Rouen et La Rochelle. On compte également 71 ports fluviaux, ainsi que 8 ports dans les DROM-COM. Ce sont aujourd'hui plusieurs centaines de milliers de personnes qui travaillent dans les secteurs de la manutention logistique et portuaire. Chaque année, ce sont plus de 5 millions de conteneurs qui transitent par les ports français, dont la moitié par Le Havre et un quart par Marseille-Fos. Les conteneurs sont ensuite déchargés sur l'un des 5000 entrepôts et plateformes logistiques.

Source : INRS

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Le parcours d'un conteneur

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conteneur

Un conteneur va parcourir un long trajet, parfois entre plusieurs continents. Il peut être en transit sur une grande distance jusqu'à son arrivée, et ne pas être ouvert pendant plusieurs jours ou semaines.

Le trajet d'un conteneur présentera plusieurs étapes :

  • chargement sur un bateau de transport
  • le voyage en mer
  • l'arrivée au port
  • l'ouverture du conteneur et sa fumigation éventuelle
  • après ouverture du conteneur, le chargement de sa marchandise sur camion, train, etc.

Le contexte réglementaire

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contexte réglementaire

Lorsqu'un conteneur est en cours de fumigation, on pourrait croire qu'il est interdit de la transporter. Eh bien en fait non, si l'on en croit la réglementation émise par l'OMI (Organisation Maritime Internationale), cela n'est pas complètement interdit. Cependant, dans ce cas, il est obligatoire de prévenir le personnel en charge de ce conteneur et de son transport. En effet, cela présente un certain nombre de dangers, et il faut être prêt en cas d'incident.

Le conteneur doit alors être identifié par le code UN3359, classe 9 dans les documents le concernant. De plus, il doit être mis en place un document, dans lequel sont indiquées les conditions de traitement des résidus de fumigation. La date de fumigation doit être indiquée, mais aussi le produit utilisé et si oui ou non le conteneur a été ventilé. Afin d'être bien visible par chaque personne qui ouvrirait ce conteneur, cette marque doit être mise à chaque endroit possédant une ouverture.

La fumigation

La Fumigation consiste à utiliser un gaz toxique pour détruire les organismes nuisibles susceptibles d’être présents dans le conteneur. Elle se passe en 3 étapes : la mise sous gaz, l'exposition au gaz, et la ventilation naturelle ou mécanique du conteneur. Les fumigants utilisés sont généralement la phosphine, le dioxyde de carbone, le bromure de méthyle, le cyanure d’hydrogène.

La toxicité

Les fumigants sont généralement toxiques et la dernière étape de ventilation n’est pas toujours efficace ou trop courte. Le docker (ou autres personnes manipulant les conteneurs) sont exposés à de graves troubles irréversibles. Même à faible dose, si l'exposition au produit est répétée, des signes d'irritation oculaire, cutanée ou respiratoire, de nausées et vomissements, de troubles de conscience, etc., peuvent apparaitre chez le travailleur. C’est pourquoi il est important d'effectuer une mesure de détection dans le conteneur.

L'émission de gaz et vapeurs

Le conteneur et les marchandises qu'il contient peuvent émettre d’autres types de gaz et vapeurs toxiques tels que les CMR (Cancérogènes-Mutagènes-Reprotoxiques). En fonction du type de fabrication et des composants utilisés, les gaz et vapeurs émis ne seront pas les mêmes.

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gaz

> Les dangers

Pour le docker, plusieurs risques sont présents. On va retrouver :

Le risque de chute : chute de plain-pied, à cause de glissade ou trébuchement, ou chute de hauteur, suite à une absence ou défaillance de garde-corps)

Le risque thermique : le docker travaillant principalement à l'extérieur, il va être exposé aux UV, aux intempéries, aux variations de température, etc. Cela peut engendrer des problèmes de santé, par exemple dus à la chaleur et à l'exposition prolongée du soleil sur la tête (insolation, déshydratation, etc.). Le docker peut être confronté à un risque de malaise général, de crampes musculaires, de pertes de connaissance, etc.

Le risque chimique : après ouverture d'un conteneur, la toxicité de l'air peut s'avérer très dangereuse pour le docker. En effet, comme dit précédemment, les conteneurs renferment des produits chimiques dangereux, comme les produits de fumigation, gaz et vapeurs. Ces gaz de fumigation, vapeurs désinfectantes (assainissement) ou toxiques (destruction des nuisibles) sont très nocives. Elles peuvent provoquer des troubles chez le docker : maux de tête, nausées, vomissements, vertiges, etc.

Pour toutes ces raisons, il est très important que le docker respectent les consignes de sécurité collectives et individuelles.

L'évaluation des risques

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évaluation des risques

Afin de protéger les travailleurs au maximum, il est nécessaire de déterminer la présence de gaz toxiques.

On distinguera 3 catégories de conteneurs, définis en fonction de plusieurs critères (pays de départ, fournisseur, fumigation ou non, marchandises transportées, gaz présents) :

  • A - Les conteneurs supposés "non pollués"
  • B - Les conteneurs "incertains" : la qualité de l'air à l'intérieur est variable.
  • C - Les conteneurs "pollués" : des gaz toxiques sont présents.

Pour les catégories B et C, une démarche de détection gaz doit être mise en place. La catégorisation doit être mise à jour au minimum 1 fois par an, lors de la mise à jour du document unique d'évaluation des risques.

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conteneur

Dans le cas d'une confirmation de la présence d'un gaz dangereux, il est impératif de mettre en place un système de mesure. Il existe plusieurs technologies de détection. Elles sont généralement embarquées dans des détecteurs portables. Les appareils les plus souvent rencontrés sont des détecteurs à photo-ionisation (PID), des détecteurs mono ou multi-gaz à cellules électrochimiques et/ou à cellule infrarouge. Les tubes colorimétriques, quant à eux, permettent une détection quasi-instantanée une fois le prélèvement effectué.

De nombreux fabricants ont développé des détecteurs multi-gaz (jusqu'à six capteurs) : cette solution permet, par exemple, de disposer, en théorie de capteurs électrochimiques (PH₃, HCN, CO, H₂S, etc.) et PID dans un même appareil.

Il est fortement recommandé de s'assurer régulièrement de l'état de fonctionnement de son détecteur. La meilleure façon d'évaluer l'état d'un détecteur est de l'exposer à un gaz connu, sous concentration connue. Ensuite, une opération de maintenance et une calibration peuvent être nécessaires.

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gaz

Mesures de prévention

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prévention

> La ventilation des conteneurs

Ventilation naturelle : c'est le simple fait d'ouvrir une porte ou fenêtre. On recommande d'ouvrir au moins 30 minutes pour que la ventilation soit efficace. L'efficacité varie selon les conditions environnementales (vent, etc.). Il faut tout de même rester vigilant car au moment de l'ouverture de la porte, on risque une exposition à des polluants.

Ventilation mécanique : Lors d'une ventilation mécanique, le conteneur reste fermé, et il est ventilé grâce à la présence d'un système d'orifice aménagé. La rapidité de l'assainissement est proportionnelle au débit de ventilation mis en place. 

La ventilation mécanique est généralement recommandée, même si la ventilation naturelle peut s'avérer suffisante. 

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> Mesures de protection individuelle

Lors de l'activité, certaines phases ne permettent pas la mise en place de protections collectives, comme lors de la mesure de concentration d'un polluant ou l'installation de dispositif de ventilation. L'utilisation d'un appareil de protection respiratoire (APR) est alors recommandée. Le tableau ci-contre vous renseigne sur le type de cartouche à utiliser en fonction du gaz en présence. Ces données sont variables en fonction du fabricant. La protection respiratoire face à certains gaz nécessitera le port d'un Appareil Respiratoire Isolant (ARI).

> Mesure complémentaires

Au delà des mesures de protection, il est important de mettre en place des mesures de prévention. Afin que le personnel soit vigilant lors de l'ouverture des conteneurs, celui-ci doit être formé à la ventilation manuelle et mécanique ainsi qu'à la détection gaz.

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