Les dangers inconnus de la bière de Noël
Les fêtes de fin d'année sont synonymes de traditions culinaires, mais pas seulement ! Les traditionnelles boissons de fin d'année prendront également place sur nos tables durant ces jours de fête.
Parmi elles, nous retrouvons cette délicieuse et traditionnelle " bière de Noël ". Avec ses saveurs fruitées et épicées, elle est conviviale et réconfortante, parfaite en cette période hivernale.
1. Tout sur la bière de Noël
On dit que la bière de Noël a été inventée en Norvège, par les Vikings. Ce breuvage aurait été apporté par leur Dieu, pour célébrer l'arrivée de l'hiver. La tradition voulait que les Vikings soient dans un état d'ébriété totale, afin d'honorer leurs Dieux, en buvant cette boisson, considérée comme un cadeau des Dieux.
Mais en réalité, son origine remonte au 18e siècle. À cette époque, les brasseurs n'avaient pas la possibilité de conserver la bière pendant une longue période. À l'approche de l'hiver, les brasseurs en profitaient pour vendre le stock de bière d'automne qui leur restait. Ainsi, ils pouvaient faire de la place pour la prochaine récolte de céréales du début de l'année. C'est donc en "recyclant" les restes de bières, qu'est née la fameuse bière de Noël. Il faut aussi savoir que des épices et autres ingrédients divers lui étaient ajoutés afin d'atténuer son goût, prononcé et fort en alcool.
Mais aujourd'hui, les moyens de conservation ont évolué. Il n'est plus nécessaire de réutiliser la bière qui n'a pas été consommée. Néanmoins, la fabrication de la bière de Noël perdure et fait désormais partie de nos traditions de Noël.
Aujourd'hui, cette boisson traditionnelle de fin d'année est un véritable atout commercial pour les brasseries qui ne manquent pas de la mettre en avant chaque fin d'année.
Outre son goût plus épicé et plus sucré, qu'est-ce qui la différencie vraiment de la bière artisanale traditionnelle ?
1.1 Quelle est la différence entre la bière de Noël et la bière traditionnelle ?
La bière de Noël a une composition différente de la bière classique. Tout d'abord, son taux de malt est plus élevé, sa couleur est plus foncée (parfois à la limite du noir) et sa teneur en alcool est plus importante : entre 6 et 12° pour la bière de Noël contre 2 à 5° pour une bière classique.
Le secret de ses caractéristiques particulières réside dans la fabrication de la bière, et plus particulièrement dans le temps de fermentation.
1.2. Les étapes de la production de la bière de Noël
1 - LE MALTAGE ➡ Ce procédé consiste à faire germer les grains de céréales (généralement de l'orge) afin de développer les enzymes, indispensables à la transformation de l'amidon en glucose.
2 - LE CONCASSAGE ➡ Les grains obtenus sont ensuite broyés et mélangés à de l'eau, formant une pâte appelée "maïsche" qui servira à libérer le sucre de l'amidon.
3 - LE BRASSAGE ➡ La maïsche est ensuite chauffée et stérilisée jusqu'à l'obtention d'un jus sucré appelé " moût ". A ce stade, on ajoute des fleurs de houblon en quantité généreuse, pour apporter saveur et amertume à la bière. On ajoute également ce qui caractérise la bière de Noël, des épices et des aromates de votre choix : miel, sirop d'érable, écorce d'orange, cannelle, coriandre, gingembre, poivre ou réglisse. Le mélange est ensuite porté à ébullition pendant 2 heures.
4 - LA FERMENTATION ➡ On laisse refroidir le moût à 20° et on ajoute ensuite la levure de bière. Les sucres en fermentation sont alors transformés en alcool et en gaz carbonique, grâce à la forte consommation d'air contenue dans la levure, ce qui va rendre la bière pétillante !
5 - LA MATURATION ➡ La bière est placée dans une cuve de stockage pendant plusieurs semaines jusqu'à ce qu'elle soit clarifiée.
6 - LA FILTRATION ➡ Après la maturation, la bière obtenue doit être filtrée, afin d'éliminer les résidus restants avant la dernière étape.
7 - LE CONDITIONNEMENT ➡ La dernière étape consiste à conditionner la bière, c'est-à-dire à l'embouteiller. Mais attention, cette opération doit être obligatoirement réalisée à froid (0°), afin que la bière soit correctement carbonisée.
1.3. Fermentation de la bière de Noël
L'une des particularités de la bière est la fermentation :
Il existe 3 types de fermentation dans la fabrication de la bière. Il y a la fermentation basse, la fermentation haute et la fermentation spontanée. Leurs différences résident dans la température de fermentation et dans le type de levure utilisé.
Pour la bière de Noël, la fermentation est une fermentation haute. Cela signifie que la bière doit fermenter à environ 20° (contre une moyenne de 10° pour la fermentation basse). Elle fermente alors plus rapidement.
Pour les bières à haute fermentation, il faudra utiliser une levure "Ale", alors que pour celle à basse fermentation, une levure "Lager". Par contre, les bières à fermentation spontanée ne nécessitent aucune levure.
C'est pourquoi la bière de Noël est plus forte en alcool : plus la fermentation de la bière est élevée, plus la teneur en alcool et en sucre est élevée et plus le goût est fort.
1.4. La réaction chimique de la fermentation de la bière
Comme vous l'aurez compris, la création de bulles intervient au moment de la fermentation de la bière. En effet, le micro-organisme qu'est la levure, est ajouté au glucose provenant du moût, lors de l'étape de fermentation de la bière.
La combinaison de ces deux ingrédients provoque une réaction biochimique, libérant du dioxyde de carbone et de l'éthanol (alcool éthylique).
Cette réaction chimique comporte-t-elle des risques ?
2. La bière de Noël : dangers, risques, prévention
2.1. Dangers liés au dioxyde de carbone dans la production de bière
Le dioxyde de carbone est un gaz inodore et incolore qui est également un composant de l'air. Ce dioxyde de carbone, principalement produit par l'activité humaine, est inoffensif en petites quantités.
Dans l'air, le taux de CO₂ présent est d'environ 300 à 400 ppm. Mais au-delà d'un certain seuil, ce gaz carbonique peut devenir très dangereux et provoquer une asphyxie, parfois même la mort.
La production de bière a lieu dans des brasseries, qui sont très souvent des pièces confinées. Dans les espaces confinés, l'oxygène est alors plus faible qu'à l'extérieur. Le CO₂ quant à lui, a la particularité de réduire la quantité d'Oxygène dans l'air.
Il faut également noter que les risques liés aux gaz ne sont pas les seuls dangers qui peuvent exister dans les brasseries. Les risques liés aux poussières combustibles existent également.
2.2. Dangers liés aux poussières combustibles dans la production de bière
Les poussières combustibles proviennent principalement des céréales. La poussière s'accumule pendant le stockage, lors des déplacements dans la brasserie ou lors du broyage du grain. Une concentration trop élevée de poussière peut entraîner des risques d'incendie, voire d'explosion.
Au contact d'une forte chaleur, les poussières combustibles peuvent s'enflammer et provoquer des explosions. Dans les brasseries, les sources de chaleur sont nombreuses. Par exemple, la température du liquide dans les cuves de brassage peut dépasser 100°C. Un dépôt de poussière à la surface des cuves présenterait alors un danger d'inflammation.
Les explosions peuvent entraîner de graves dommages matériels ainsi que de graves blessures corporelles.
Il est donc important de surveiller le seuil d'explosivité, surtout dans un espace confiné.
2.3 Comment se protéger des risques dans les brasseries ?
Les brasseurs ont tout intérêt à appliquer les règles de sécurité pour éviter les accidents.
Pour se protéger des risques gazeux mais aussi des risques liés aux poussières combustibles, les sites doivent être équipés de matériel certifié.
Dans certains cas, ces lieux de travail dangereux sont de type ATEX et doivent être équipés de matériel certifié.
Pour rappel : Un site ATEX est un lieu où des atmosphères explosives sont susceptibles de se former.
2.4. Comment équiper votre brasserie ?
Tout d'abord, les zones dangereuses doivent être déterminées. Les zones seront ensuite catégorisées et classées en fonction de leur explosivité et de leur niveau de danger.
Afin d'éviter que le niveau de CO₂ dans l'air ne devienne trop élevé, il est nécessaire de ventiler la pièce à l'aide d'un ventilateur ATEX spécialisé pour les espaces confinés, comme le UB20.
L'installation d'un système fixe de détection de gaz est également nécessaire, car le dioxyde de carbone est un gaz non détectable par l'homme. Les détecteurs fixes, tels que le MX43, sont capables de détecter et de signaler une concentration excessive de gaz.
Et enfin, pour toute intervention technique dans la brasserie, notamment lors du nettoyage ou de l'entretien des machines utilisées pour la fabrication de la bière, un détecteur de gaz portable, comme le GASMAN CO₂ devra être porté par le technicien. L'atmosphère étant plus concentrée en CO₂ autour des machines de fabrication, notamment autour des cuves de fermentation.
Le technicien qualifié devra également porter une protection respiratoire, telle que X-PLORE 6000.
Se protéger contre les risques dans la brasserie
Ventilateur/Extrateur UB20
Centrale de détection gaz MX43
Détecteur monogaz GASMAN
Masque filtrant X-PLORE 6000